Dr A. Mazharian Prendre RDV
Comprendre · Vécu du patient

Dans la salle d'opération : ce qu'on voit, entend et ressent vraiment

La plupart des appréhensions viennent de l'inconnu. Alors décrivons-le, simplement et honnêtement : comment on s'installe, comment l'œil est endormi sans piqûre, ce qu'on perçoit, les bruits, les odeurs, les sensations. Choisissez l'intervention qui vous concerne — cataracte ou laser — le déroulé sensoriel est détaillé pour chacune.

L'essentiel en 30 secondes
  • Vous êtes éveillé, allongé sur le dos, l'œil anesthésié par de simples gouttes — pas de piqûre.
  • Vous ne voyez aucun détail : seulement des lumières et des formes floues.
  • Aucune douleur : au plus une légère pression, une fraîcheur, parfois une odeur (laser).
  • Des bruits doux et réguliers, et une équipe qui vous parle et vous guide en continu.
Avant d'entrer dans le détail

Ce qui est commun aux deux interventions

Cataracte ou laser, plusieurs choses se ressemblent et méritent d'être dites d'emblée, car ce sont elles qui rassurent le plus :

  • On reste éveillé, sans anesthésie générale. L'intervention est courte et généralement peu douloureuse — une sensation de pression est possible.
  • L'anesthésie se fait au collyre (gouttes) dans l'immense majorité des cas — pas de piqûre, pas d'aiguille.
  • Un seul œil à la fois est traité ; l'autre est couvert. Vous n'avez rien à fixer d'autre qu'une lumière. Différence importante : en chirurgie réfractive au laser, on opère les deux yeux le même jour, dans la même séance ; pour la cataracte, on opère un œil à la fois, à quelques jours ou semaines d'intervalle (jamais le même jour), par sécurité.
  • L'équipe vous accompagne par la parole du début à la fin. Vous n'êtes jamais seul ni dans le silence.
Deux chirurgies à ne pas confondre

La chirurgie réfractive corrige la vue en remodelant la cornée au laser (excimer + femtoseconde) : on agit en surface de l'œil, on ne pose pas d'implant et l'on traite les deux yeux le même jour. La chirurgie de la cataracte, elle, ne se fait pas au laser mais aux ultrasons : la phacoémulsification fragmente et aspire le cristallin opacifié, qui est remplacé par un implant intraoculaire — un œil à la fois. Le geste, les sensations et le matériel ne sont donc pas les mêmes.

Pas à pas

Le déroulé sensoriel, étape par étape

Choisissez votre intervention :

1

L'arrivée & la préparation

Vous arrivez environ 30 minutes avant, en tenue de bloc (charlotte, sur-chaussures). On confirme votre identité et l'œil à traiter. La pièce est fraîche et calme, éclairée doucement.

On voit une salle claire, du matérielOn entend des bips réguliers
2

L'anesthésie & la désinfection

On instille des gouttes anesthésiantes : une légère fraîcheur, puis l'œil ne sent plus rien. La peau autour de l'œil est nettoyée avec un antiseptique (sensation de frais), et un champ stérile très fin recouvre le visage en laissant l'œil dégagé.

On ressent de la fraîcheurSans piqûre
3

L'installation, allongé

Vous êtes allongé sur le dos, confortablement, la tête calée. Un petit écarteur maintient délicatement les paupières ouvertes — vous n'avez donc pas à lutter pour ne pas cligner. On vous demande simplement de fixer une lumière, souvent verte ou clignotante.

On voit une lumière à fixerOn ressent les paupières tenues
4

Le laser

Selon la technique, le laser découpe puis remodèle la cornée. Vous percevez surtout une baisse puis un retour de la lumière, et parfois une légère pression de quelques secondes. Lors du laser excimer, une odeur particulière, un peu « de brûlé », peut se faire sentir : c'est normal et sans danger. Vous entendez le déclic régulier du laser qui travaille. Tout dure quelques dizaines de secondes par œil.

On entend le tic-tic du laserOn sent parfois une odeurOn ressent une pression brève
5

La fin, immédiate

Le geste terminé, on retire l'écarteur. La vision est d'abord brumeuse, comme dans un brouillard, et l'œil peut larmoyer ou piquer un peu les premières heures. On vous accompagne en salle de repos : vous repartez peu après, accompagné(e).

On voit flou / brumeuxDurée totale quelques minutes
Le côté pratique

Juste après, et ce qu'il faut prévoir

  • Venez accompagné(e) : la conduite est interdite à la sortie (vision floue, pupille dilatée pour la cataracte).
  • Prévoyez du repos le jour même : sieste, pas d'écran, on ne se frotte pas l'œil.
  • Des collyres vous sont prescrits pour quelques semaines ; une coque de protection la nuit est souvent conseillée les premiers jours.
  • Une légère gêne (sensation de grain de sable, larmoiement, éblouissement) est normale les premières heures à premiers jours.
  • Un contrôle est prévu rapidement (souvent le lendemain) pour vérifier que tout va bien.
Le mot qui rassure le plus

« Je n'ai rien vu, rien senti, et c'était déjà fini. » C'est la phrase que j'entends le plus souvent en salle de réveil. L'appréhension d'avant l'intervention est presque toujours plus grande que le vécu réel.

Pour le déroulé chronologique complet en chirurgie réfractive, voir aussi « J'ai peur de l'opération » : le déroulé minute par minute, et pour la cataracte, notre page la chirurgie de la cataracte.

Questions fréquentes

Ce que les patients demandent le plus

Vais-je voir les instruments arriver vers mon œil ?

Non. La lumière du microscope vous éblouit juste assez pour que vous ne distinguiez ni les instruments, ni les détails du geste — seulement des lueurs et des formes floues.

Et si je bouge ou si je cligne sans le vouloir ?

Les paupières sont tenues par un écarteur, et l'œil est stabilisé. En chirurgie réfractive, un système suit même les micro-mouvements de l'œil. Il suffit de rester détendu et de fixer la lumière.

Puis-je demander une sédation si je suis très anxieux ?

Oui, une légère sédation pour vous détendre est possible, à discuter avant. Beaucoup n'en ont pas besoin une fois rassurés sur le déroulé.

Combien de temps reste-t-on dans la salle ?

Le geste lui-même est court (quelques minutes au laser, 10 à 20 minutes pour la cataracte). Avec l'installation, comptez une présence sur place plus longue, en ambulatoire.

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Dernière révision : juin 2026
Dr Adrien Mazharian
Chirurgien ophtalmologue · Hôpital Fondation A. de Rothschild, Paris

Le Dr Mazharian prend le temps d'expliquer le déroulé de chaque intervention : un patient qui sait ce qui l'attend aborde l'opération bien plus sereinement.

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Posons vos questions avant le jour J

En consultation, je vous explique précisément votre intervention et réponds à toutes vos inquiétudes. Savoir, c'est déjà être rassuré.