Dr A. Mazharian Prendre RDV
Pédagogie · Les actes chirurgicaux

Les techniques que je pratique.

Cinq grandes interventions couvrent l'ensemble des situations rencontrées en chirurgie réfractive et de la cataracte. Aucune n'est universellement supérieure : c'est le bilan préopératoire qui détermine la technique la mieux adaptée à votre œil, à votre âge et à votre mode de vie.

Recul clinique
Techniques utilisées depuis 30 ans (PKR), 28 ans (LASIK), 16 ans (SMILE)
Volume France
~150 000 chirurgies réfractives par an, dont 120 000 myopies
Satisfaction patient
95 % dans la littérature scientifique internationale
Comprendre · le principe commun

Principe du traitement

Toutes les techniques de chirurgie réfractive au laser reposent sur la même idée : modifier la courbure de la cornée pour qu'elle fasse à nouveau converger la lumière exactement sur la rétine.

Deux types de lasers sont utilisés, souvent complémentaires :

Le laser excimer — sculpter la cornée

Le laser excimer émet un rayonnement ultraviolet froid qui vaporise des couches microscopiques de cornée — 0,25 microns par impact. En enchaînant des milliers d'impacts selon une carte personnalisée, il sculpte la cornée pour la remodeler. C'est la technologie historique (1991), encore au cœur de la PKR et du LASIK.

Le laser femtoseconde — découper la cornée

Le laser femtoseconde émet des impulsions infrarouges si brèves (10⁻¹⁵ s) qu'elles créent des bulles de gaz à l'intérieur même du tissu cornéen, sans le brûler. Ces bulles s'alignent en plans de découpe. C'est ce laser qui crée le capot du LASIK ou le lenticule du SMILE.

Laser femtoseconde · découpe
Le laser femtoseconde (Alcon WaveLight) s'applique sur l'œil via une interface de contact et découpe le capot cornéen à l'intérieur du tissu, sans lame, en quelques secondes.

Vidéo · animation médicale de synthèse

Laser excimer · photoablation
Le laser excimer vaporise des couches microscopiques de cornée, impact après impact, pour la remodeler selon une carte personnalisée — c'est la phase de correction réfractive proprement dite.

Vidéo · animation médicale de synthèse

Le choix d'une technique dépend de trois paramètres

(1) Le degré de votre correction — faible, modérée, forte, très forte. (2) L'épaisseur et la régularité de votre cornée — une cornée fine ne permet pas le LASIK. (3) Votre mode de vie — sports de contact, activités à risque de frottement oculaire, métier exigeant une récupération rapide.

Technique · la référence · depuis 1996

LASIK & Femto-LASIK — la technique de référence

Animation · LASIK
Animation de synthèse schématique · même durée pour les 5 techniques

LASIK est l'acronyme de LASer In situ Keratomileusis. Depuis sa généralisation à la fin des années 90 et sa version moderne Femto-LASIK (2004), c'est la technique la plus pratiquée au monde, avec plus de 30 millions d'yeux opérés.

Le geste, en trois étapes

  1. Création du capot cornéen — Le laser femtoseconde découpe un capot d'environ 120 microns d'épaisseur dans la cornée, qui reste solidaire de celle-ci par une charnière latérale.
  2. Soulèvement & laser excimer — Le chirurgien soulève délicatement le capot pour exposer le stroma cornéen sous-jacent. Le laser excimer remodèle alors cette surface selon votre carte personnalisée — quelques dizaines de secondes par œil.
  3. Repositionnement du capot — Le capot est remis en place. Il adhère spontanément en quelques minutes par effet de pompe endothéliale. Aucune suture, aucune cicatrice visible.

Pourquoi le LASIK reste la référence

  • Récupération visuelle ultra-rapide — Vision utile en quelques heures, conduite possible dès le lendemain dans la majorité des cas.
  • Confort post-opératoire excellent — Pas ou très peu de douleur après l'intervention. C'est ce qui distingue le LASIK de la PKR.
  • Spectre large — Corrige la myopie jusqu'à -8 D, l'hypermétropie jusqu'à +5 D, l'astigmatisme jusqu'à -5 D cylindriques.
  • Précision — 86 % des patients à moins de 0,5 D résiduelle, 95 % à moins de 1 D.

Limites du LASIK

Le capot cornéen, même parfaitement repositionné, n'est jamais aussi solide qu'une cornée intacte. Cela conduit à contre-indiquer le LASIK dans deux situations :

  • Sports de contact à fort risque traumatique (boxe, MMA, rugby de haut niveau)
  • Cornée fine ou irrégulière au bilan préopératoire — la marge de sécurité ne serait pas suffisante
Technique · mini-invasive · depuis 2010

SMILE — l'incision invisible

Animation · SMILE
Animation de synthèse schématique · même durée pour les 5 techniques

SMILE est l'acronyme de Small Incision Lenticule Extraction. C'est la technique de chirurgie réfractive la plus récente et la plus mini-invasive disponible aujourd'hui. SMILE en est la dernière génération, lancée en 2022.

Le geste, en trois étapes

  1. Découpe d'un lenticule — Le laser femtoseconde dessine à l'intérieur même de la cornée un disque microscopique — le lenticule — dont l'épaisseur et la forme correspondent exactement à votre défaut visuel.
  2. Mini-incision de 2 mm — Le même laser crée une petite ouverture latérale à la surface de la cornée. Pas de capot, pas de surface réfractive abrasée — c'est ce qui distingue SMILE des autres techniques.
  3. Extraction du lenticule — Le chirurgien retire le lenticule à travers la mini-incision. Le tissu cornéen ayant été ôté, la courbure de la cornée se trouve modifiée — c'est l'effet réfractif. L'incision cicatrise spontanément en 24 heures.

Les avantages spécifiques de SMILE

  • Pas de capot cornéen — Donc pas de risque de déplacement, même en cas de choc oculaire ou de pratique sportive intense.
  • Sécheresse oculaire moindre — Moins de nerfs cornéens sont sectionnés qu'en LASIK, ce qui réduit la sécheresse post-opératoire — un atout majeur pour les porteurs de lentilles intolérants.
  • Récupération rapide — Acuité visuelle utile dès le lendemain ; vision stable en 7 à 14 jours.
  • Précision biomécanique — La structure de la cornée est mieux préservée qu'en LASIK.
~8 min
par œil sous anesthésie topique
-1 à -10 D
myopie corrigée
95 %
de 10/10 sans correction à 3 mois

Pour qui SMILE ?

La technique est particulièrement adaptée aux myopies modérées à fortes (jusqu'à -10 dioptries), avec ou sans astigmatisme (jusqu'à -5 dioptries cylindriques). Elle est recommandée pour les sportifs de contact (boxe, arts martiaux, sports de combat), les militaires, les pompiers, et tous les patients à risque de frottement oculaire répété. Elle n'est pas indiquée pour corriger l'hypermétropie.

Technique · sans capot · depuis 1991

PKR — la doyenne, toujours d'actualité

Animation · PKR
Animation de synthèse schématique · même durée pour les 5 techniques

La PKR (Photo-Kératectomie Réfractive) est la première technique de chirurgie réfractive au laser, née en 1991. Elle reste irremplaçable dans certaines situations grâce à un principe simple : pas de découpe, pas de capot.

Le geste

  1. Retrait de l'épithélium — La fine couche cellulaire qui recouvre la cornée — l'épithélium — est doucement retirée, soit manuellement, soit directement par le laser excimer (on parle alors de Trans-PKR).
  2. Laser excimer en surface — Le laser remodèle directement la surface de la cornée selon la carte personnalisée. L'opération en elle-même dure moins d'une minute par œil.
  3. Lentille pansement & cicatrisation — Une lentille souple de protection est posée pour 4 à 5 jours, le temps que l'épithélium se reconstitue naturellement.

Avantages

  • Aucun capot, donc aucun risque associé — Idéal pour les cornées fines et pour les sportifs de contact (boxe, judo, rugby).
  • Préservation maximale de la biomécanique cornéenne — La technique la plus conservatrice.
  • Recul de 30 ans — La technique la mieux documentée à long terme.

Le point délicat — la récupération

La PKR est douloureuse pendant 48 à 72 heures : c'est le prix de l'absence de capot. Il faut compter 4 à 7 jours d'arrêt avant la reprise du travail, et 3 à 6 semaines pour atteindre une vision parfaitement stable. C'est pourquoi cette technique, malgré ses qualités, n'est plus la première intention quand le LASIK ou le SMILE sont possibles.

Quand je choisis la PKR plutôt qu'une autre technique

Cornée trop fine pour un LASIK ou un SMILE sécurisé · activité professionnelle ou sportive incompatible avec un capot cornéen · myopie faible chez un patient jeune avec une bonne tolérance à la cicatrisation.

Technique · intraoculaire · pour fortes myopies

Implant phaque ICL — quand le laser ne suffit pas

Animation · Implant ICL
Animation de synthèse schématique · même durée pour les 5 techniques

L'ICL (Implantable Collamer Lens) est une lentille souple intraoculaire que l'on glisse entre l'iris et le cristallin naturel. Elle se comporte comme une lentille de contact permanente, mais à l'intérieur de l'œil. Le cristallin et la cornée ne sont pas touchés.

La technique est réversible : si nécessaire, l'implant peut être retiré et remplacé.

Le geste

  1. Micro-incision de 3 mm — Réalisée à la périphérie de la cornée. Pas de suture.
  2. Insertion de l'implant — L'ICL, fabriquée sur-mesure pour la dimension de votre œil et votre correction, est introduite roulée puis se déploie spontanément derrière l'iris.
  3. Positionnement — Le chirurgien stabilise l'implant dans le sulcus ciliaire. L'opération dure 15 minutes par œil sous anesthésie topique.

Pour qui l'ICL ?

  • Myopies très fortes — au-delà de -10 dioptries, parfois jusqu'à -18 D
  • Cornées trop fines ou trop irrégulières pour un laser
  • Hypermétropies fortes (jusqu'à +10 D)
  • Patients jeunes (le cristallin doit encore être clair) — typiquement 21 à 45 ans

À savoir avant l'ICL

C'est une chirurgie intraoculaire, et à ce titre, elle comporte plus de risques théoriques qu'une chirurgie au laser cornéenne — notamment risque infectieux (très faible), risque de cataracte précoce et risque d'hypertonie oculaire (glaucome). Tous restent rares, mais imposent un bilan particulièrement rigoureux et un suivi annuel à vie.

L'ICL est par ailleurs l'option la plus onéreuse de la chirurgie réfractive : autour de 5 800 € pour les deux yeux. Son coût est compensé par des résultats visuels excellents là où le laser ne pouvait rien proposer.

Technique · cristallin · 600 000 / an

Chirurgie de la cataracte — phacoémulsification

Animation · Cataracte
Animation de synthèse schématique · même durée pour les 5 techniques

La chirurgie de la cataracte consiste à remplacer le cristallin opacifié par un implant intraoculaire. C'est la chirurgie la plus pratiquée au monde, et l'une des plus sûres en médecine moderne.

Le geste, en quatre étapes

  1. Micro-incision de 2 mm — À la périphérie de la cornée, sans suture.
  2. Capsulorhexis — Création d'une fenêtre circulaire dans la capsule qui entoure le cristallin. Peut être réalisée au laser femtoseconde (on parle alors de femto-cataracte) pour plus de précision.
  3. Phacoémulsification — Une fine sonde à ultrasons fragmente le cristallin opacifié, puis l'aspire. La capsule postérieure, elle, est conservée intacte pour accueillir l'implant.
  4. Mise en place de l'implant — L'implant intraoculaire choisi en amont (monofocal, torique, multifocal…) est inséré plié à travers l'incision puis se déploie dans son nouveau logement.

Le choix de l'implant — décisif

La chirurgie moderne de la cataracte n'est plus seulement « retirer une opacité ». C'est aussi corriger les défauts visuels du patient grâce à l'implant choisi. Quatre familles, à discuter en consultation :

FamilleVision corrigéeLunettes après ?
MonofocalLoin (ou près, au choix)Pour la distance non choisie
Monofocal toriqueLoin + astigmatismePour lire
EDOF (étendu)Loin + intermédiaireLecture fine résiduelle
Multifocal trifocalLoin + intermédiaire + prèsIndépendance maximale
Synthèse

Comparatif rapide des techniques

À indication équivalente, le choix se discute en consultation. Ce tableau récapitule les caractéristiques principales — il ne remplace pas un bilan.

TechniqueIndicationRécupérationTarif (2 yeux)
LASIKMyopie ≤ -8 D, hypermétropie ≤ +5 D, astigmatisme24 h≈ 3 000 €
SMILEMyopie -1 à -10 D, astigmatisme jusqu'à -5 D24-48 h≈ 3 200 €
PKRCornée fine, sports de contact, myopie faible4-7 jours≈ 2 500 €
Presby-LASIKPresbytie (bascule monovision)24-48 h + 3 mois neuro-adaptation≈ 3 800 €
ICLMyopie > -10 D, cornées non opérables24-48 h≈ 5 800 €
CataracteOpacification du cristallin24-48 hSécu + supplément implants

Tarifs indicatifs, devis personnalisé remis en consultation. La chirurgie réfractive n'est pas remboursée par la Sécurité sociale ; certaines mutuelles couvrent une partie.

Transparence · ce que l'on ne dit pas assez

Risques & effets secondaires

Il n'existe pas de chirurgie sans risque. La chirurgie réfractive bénéficie d'un recul de 30 ans, et la littérature scientifique converge : les risques sont rares, les effets secondaires temporaires sont fréquents mais maîtrisables. Je m'engage à les exposer à chaque patient avant toute décision.

Effets secondaires les plus fréquents

Halos lumineux nocturnes

Très fréquents les premières semaines : cercle lumineux autour des phares de voiture la nuit, dû à la dilatation pupillaire qui laisse passer de la lumière par la zone cornéenne non traitée. Diminuent en quelques mois, persistants à 1 an dans ~1 % des cas. Facteur de risque : grande pupille en pré-opératoire — détecté au bilan.

Sécheresse oculaire

Systématiquement aggravée après toute chirurgie réfractive — le laser sectionne des nerfs cornéens qui contrôlent la fabrication des larmes. C'est le principal motif d'insatisfaction rapporté dans la littérature. Invalidante dans 2 à 3 % des cas. Dépistée et traitée systématiquement avant toute opération : tant qu'une sécheresse n'est pas contrôlée, la chirurgie reste contre-indiquée.

Survenue de la presbytie

Vers 44 ans — comme chez tout le monde, opérés ou non. Un patient opéré jeune devra reporter des lunettes pour la lecture après cet âge. Ce n'est ni une complication, ni un retour de myopie : c'est l'évolution naturelle du cristallin.

Sur- ou sous-correction

Dans de rares cas, une correction résiduelle peut persister après l'opération. Si elle est gênante, une retouche au laser est possible (gratuite chez moi). Sinon, des lunettes d'appoint ou des lentilles peuvent reprendre le relais — rarement nécessaire.

Risques rares — à connaître

Infection

Rarissime en chirurgie réfractive : 0,01 à 0,03 % des cas. Se manifeste par une forte douleur et une baisse brutale de vision durant la première semaine. En cas de doute, contactez-moi en urgence — la précocité du traitement conditionne le pronostic.

Ectasie cornéenne

Déformation tardive de la cornée par bombement et amincissement, pouvant entraîner une baisse de vision irréversible. Très rare : 0,04 à 0,6 % des cas, survenant en moyenne 15 mois après l'opération. Le principal facteur de risque est le frottement répété des yeux — c'est pourquoi je rappelle à chaque patient opéré qu'il ne doit plus jamais se frotter les yeux, à vie.

2 réflexes à retenir, après l'opération
Hygiène oculaire
Absence de frottements oculaires
« Une fois sur quatre, ma consultation se termine par une mise en garde, pas une opération. La rigueur du bilan, c'est ce qui rend le geste sûr pour les autres. »
Étape suivante

Une technique vous semble correspondre ?

Seul le bilan préopératoire peut le confirmer. Examens complets, sans dépassement d'honoraires, suivis d'une décision claire.